Web 2.0 – La boîte à billets

Une initiation personnelle au vaste monde des blogues dans le cadre du cours Le Web social


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Le Web social et les bibliothèques universitaires

Mise en contexte

Le Web social, aussi appelé Web 2.0, est une expression faisant partie du langage commun depuis déjà quelques années. En 2005, O’Reilly lançait cette idée d’une nouvelle version du Web vu comme une plateforme interactive et collaborative où les utilisateurs sont participants plutôt qu’observateurs passifs tel que proposé par la première version du Web, le Web 1.0, un Web statique où l’idée de départ était pour les créateurs de pages Web de se doter d’une présence Internet et d’offrir de l’information à leur sujet à toute personne, en tout temps. Bien sûr, l’expression Web social fait référence à la philosophie de cette deuxième version du Web, centrée sur l’utilisateur lui-même où il prend part à la création du contenu mis en ligne. L’expression Web 2.0, quant à elle, est un clin d’œil aux mises à jour de différents logiciels informatiques qui se voient dotés de suffixes numériques qui les différencient : une première version 1.0 suivie de versions 1.01, 1.20 ou bien 1.37 selon les mises à jour,  jusqu’à un changement majeur où les concepteurs optent pour une « nouvelle génération » en offrant le suffixe 2.0. C’est par cette dernière anecdote que débute la présentation de Kathryn Greenhill sur les bibliothèques 2.0.

Les appellations Web social ou Web 2.0 sont souvent associées aux réseaux sociaux, véritable vague ayant déferlé sur les pratiques de communication en ligne de millions d’utilisateurs. Évidemment, il est impossible de passer sous silence la présence du géant Facebook, plateforme sociale qui a atteint le milliard de membres actifs par mois en octobre 2012. Est-ce un exploit? Ou bien un coup de publicité? Il s’agit plutôt de la démonstration, de la preuve concrète d’un changement de mœurs et de mentalité au sein d’un énorme pan de la population pour qui une journée sans un minimum d’une connexion à son compte Facebook ne fait pas partie du gabarit d’une journée standard. Même si les réseaux sociaux occupent une place importante au sein de cet essai, y restreindre le Web social serait une erreur, car une panoplie d’autres outils ont été créés ou bien ont été accentués depuis l’avènement du Web 2.0 : blogues, wikis, messagerie instantanée, partage de photos, partage de vidéos, etc. Leur lien commun? Tel que dicté par O’Reilley, les outils du Web 2.0 sont symboliques d’une culture participative où les utilisateurs sont les créateurs de contenu, où ils communiquent entre eux et où ils partagent de l’information.

Une telle place prépondérante de l’information au sein de la communauté virtuelle rappelle évidemment la présence des bibliothèques, conservatrices, gestionnaires et diffuseuses de l’information. En cette ère digitale dominée par le Web 2.0, quelle place occupent-elles encore et quels rôles remplissent-elles? Qui plus est, d’ici un horizon d’un an, de cinq ans, ou bien même de vingt ans, que seront-elles devenues? Seront-elles omniprésentes, fortes de leur expérience informationnelle, ou bien dépassées, affaiblies par leur désuétude? C’est à ces questions que cet essai tente de répondre en se concentrant sur le milieu des bibliothèques universitaires, milieu que j’affectionne particulièrement. La situation actuelle sera d’abord dépeinte afin de bien tracer la position des bibliothèques universitaires dans le monde du Web, puis, avec les connaissances détenues présentement, il sera question d’un regard vers le futur pour tenter d’entrevoir ce qui attend les bibliothèques et leurs usagers jusqu’au tiers du 21e siècle.

Situation présente

À l’heure actuelle, les deux outils du Web 2.0 les plus utilisés sur les sites Web des bibliothèques universitaires sont les fils RSS et la messagerie instantanée. Les fils RSS s’inscrivent dans une optique de communication et de partage alors que la messagerie instantanée s’inscrit dans une optique de collaboration. Tel que mentionné au module 1 des notes de cours, les fils RSS sont maintenant bien établis. La messagerie instantée l’est aussi, et ce, avec raison, les deux outils étant parmi les premiers développés et associés au Web 2.0. Une étude de 2011 effectuée auprès de 100 bibliothèques universitaires membres de l’Association of Research Libraries (ARL) démontre que près de 100% des bibliothèques étudiées proposent un ou des fils RSS et que plus de 90% offrent une messagerie instantanée sur leur site Web. Une autre étude, de 2012, réalisée auprès de 125 bibliothèques de l’ARL dévoile qu’aujourd’hui, les fils RSS et la messagerie instantanée côtoient encore largement les outils de référence plus traditionnels comme l’envoi de courriels aux bibliothécaires, la complétion de formulaires de commentaires et l’affichage du numéro de téléphone du service de référence.

Cela dit, de manière générale, il est possible d’affirmer que les bibliothèques universitaires des pays industrialisés sont bien installées dans l’ère 2.0 en proposant un large éventail de services. Évidemment, certaines ont adopté la tendance beaucoup plus tôt alors que d’autres peinent encore à entrer dans la vague. L’adhésion à Facebook illustre bien le phénomène. Glazer relate que les bibliothèques de l’Université Rutgers aux États-Unis ont agi comme précurseurs en créant leur page Facebook dès 2006. Trois ans plus tard, le phénomène était toujours peu commun, mais depuis 2011, le nombre de bibliothèques universitaires possédant une page Facebook augmente plus rapidement. Bien sûr, chacune possède sa propre culture influencée par divers facteurs, ce qui peut expliquer que certaines n’ont pas encore fait le saut dans le monde des réseaux sociaux. Cependant, de telles bibliothèques souffrent assurément d’un retard en la matière et annoncer en grande pompe leur arrivée sur les réseaux sociaux ne ferait qu’exacerber ce délai. Elles devront opter pour la subtilité.

De plus, malgré l’augmentation du nombre de bibliothèques universitaires qui adoptent Facebook, une étude de 2012 révèle qu’encore seulement 53% en font partie. Diverses raisons peuvent expliquer la situation, mais elles se résument principalement à la perception qu’ont les usagers et les bibliothécaires universitaires d’une page Facebook. La revue de littérature d’un article de 2012 d’Aharony dévoile, d’une part, certains sondages qui démontrent que les étudiants manquent d’intérêt pour la consultation d’une page Facebook d’une bibliothèque, préférant d’autres moyens de communication. D’autre part, Aharony relève le manque de temps et de ressources des bibliothécaires pour le maintien d’outils qui demandent des mises à jour fréquentes, comme une page Facebook; le malaise éprouvé à l’idée de s’afficher sur un tel réseau social, motivé par la crainte que beaucoup d’informations peu sérieuses y circulent; la conception que les étudiants préfèrent que les bibliothèques se tiennent loin des réseaux sociaux. La question de la confidentialité et de la vie privée pose également problème. Il existe cette vaste zone grise où il est difficile de bien situer le rôle et l’utilisation des profils des usagers et des bibliothécaires ainsi que des commentaires qu’ils peuvent émettre. De plus, je rappelle ici la complexité des relations vues au module 5 des notes de cours. Par exemple, une relation asymétrique entre un usager qui suit l’activité de sa bibliothèque sur Facebook est souvent rencontrée, mais qu’en est-il de la possibilité d’une relation symétrique entre un usager et son bibliothécaire? La vie privée et la vie professionnelle risquent de se chevaucher et il est important de savoir où situer la limite. Ces informations suggèrent que les bibliothécaires comme les utilisateurs sont encore en transition par rapport à la place que doit occuper les bibliothèques universitaires au sein du Web 2.0. Oui, elles peuvent proposer des outils, mais peuvent-elles en faire partie? Poser la question est d’y répondre. De par leur mission, les bibliothèques universitaires devraient faire partie des premières entités qui adoptent les nouvelles technologiques afin de calquer l’évolution du Web tout en y guidant leurs usagers.

Horizon : un an

Avec l’évolution si rapide du Web, nul doute que d’ici un an, de nouveaux programmes auront fait leur apparition et seront les précurseurs d’outils populaires. Cependant la multitude de tâches à effectuer par les équipes travaillant au sein des bibliothèques universitaires est imposante et bien que le Web 2.0 en fasse partie, il n’est pas aisé, au cours d’une année, d’y accorder une priorité à travers le développement des collections, les formations, le catalogage et l’indexation, etc. Ainsi, une révolution n’est pas au menu pour la prochaine année. Malgré tout, il est à prévoir que l’évolution du Web social suivra son cours et que la présence des outils déjà en place sera renforcée et que les bibliothèques se situant dans la moyenne en termes d’utilisation du Web 2.0 rejoindront peu à peu celles se situant en tête du peloton.

Les quatre grandes catégories de services Web 2.0 selon Gardois pourraient être de plus en plus exploitées au fil des mois : communication, collaboration, contenu multimédia et autres. La communication inclut les blogues, les microblogues, les réseaux sociaux et les agrégateurs. La collaboration rassemble les outils de conférence, le clavardage et la messagerie instantanée, les wikis, les signets sociaux, les bibliographies sociales et les documents sociaux. Le contenu multimédia fait référence aux photos, aux vidéos, aux présentations et aux mondes virtuels. Finalement, les autres outils incluent les podcasts, les barres d’outils de navigateurs et les outils de schémas conceptuels. Déjà en 2011, la majorité de ces outils étaient déjà utilisés en bibliothèques universitaires, mais en 2014, leur présence serait plus notable.

Évidemment, ces prédictions s’adressent principalement aux pays industrialisés, car les bibliothèques universitaires à travers le monde sont loin d’être au même point en termes d’utilisation des outils du Web 2.0. Dans ce tourbillon qu’est l’évolution du Web, il est facile d’oublier que plusieurs n’ont pas accès à Internet. L’Afrique, par exemple, souffre d’un contexte où le Web 2.0 est à son niveau le plus bas malgré les efforts de certaines universités d’Afrique du Sud. Le manque de financement et la « pauvre structure informationnelle » ralentissent énormément l’expansion du Web 2.0 qui se fait finalement de façon plutôt aléatoire (Makori 2012). Selon une autre étude, le Pakistan, quant à lui, fait état d’une faible mise en valeur du Web 2.0 dans ses bibliothèques universitaires. Ceci peut s’expliquer par l’attitude réfractaire des bibliothécaires, sauvent causée par une ignorance des bénéfices du Web 2.0, mais également par leur manque d’habiletés informatiques, le manque d’ordinateurs et l’accès limité à Internet. La situation serait semblable dans les pays voisins.

Ainsi, au printemps 2014, que faut-il envisager? Si nous nous concentrons sur les pays industrialisés, disons simplement que la situation ne sera pas si différente d’aujourd’hui, quoique le nombre d’utilisateurs des réseaux sociaux aura augmenté, que plusieurs bibliothèques emboîteront tranquillement le pas à d’autres en créant leur première page Facebook, en proposant une messagerie instantanée sur leur site Web, en proposant des blogues, etc. Rappelons que le temps des bibliothécaires devra y être investi. D’ailleurs, en ce sens, je fais référence au module 8 des notes de cours où l’impact du Web 2.0 en éducation est mentionné. En effet, il favorise, entre autres chez les natifs numériques, une capacité élevée d’autoapprentissage. Ainsi, qu’en est-il des non natifs numériques? Afin d’harmoniser les connaissances des différents membres de la communauté universitaire, les bibliothèques augmenteront-elles les formations sur le Web 2.0? Il est important de se rappeler qu’une portion non négligeable de leur clientèle essaie encore de se familiariser avec le Web social. Des formations feraient sa promotion en plus d’offrir des connaissances vulgarisées aux utilisateurs intéressés à en apprendre davantage.

Horizon : cinq ans

Voyons maintenant un instantané des bibliothèques universitaires d’ici cinq ans. Il doit être mentionné qu’à ce moment, l’ère du Web 2.0, selon les prévisions, sera terminée. Cependant, ceci ne signifie évidemment pas sa disparition. Il deviendra plutôt l’un des piliers sur lesquels se construiront les versions ultérieures du Web. La philosophie du Web social qui place l’utilisateur au centre des applications perdurera. Du moins, c’est l’impression qui m’est donnée à la lumière de mes connaissances actuelles sur l’évolution du Web. Ainsi, le Web 2.0 aura sans aucun doute une place bien gardée et renforcée au sein des bibliothèques universitaires qui seront bien présentes et établies sur les réseaux sociaux. Les pages associées devraient être très bien développées et offrir du contenu multimédia, pour bénéficier d’une bonne popularité (Garcia-Milian 2012), et diversifié, afin d’attirer différentes clientèles (Glazer 2012). Les bibliothécaires et les usagers reconnaîtront la pertinence d’une telle présence et cette solidité aura été conférée par une publicité accrue et bien en vue des outils du Web 2.0 sur les pages d’accueil des bibliothèques universitaires, tel que conseillé par Glazer (2012) et par une mise en valeur des discussions sur ces outils plutôt que d’en faire l’usage seulement dans un but promotionnel à sens unique.

Vous vous en doutez, le Web 2.0 aura ouvert la voie à l’ère du Web 3.0, qui, soit dit en passant, est déjà commencée. À cet effet, je vous invite à regarder la courte présentation de Richard Wallis qui présente une ligne du temps de l’évolution du Web sur Slideshare. La définition de cette nouvelle version du Web est encore partagée, mais est bien résumée par David Stuart dans un article de Research Information. En bref, le Web 3.0 pourrait être de trois natures différentes, quoiqu’en pratique, elles seront probablement intégrées les unes aux autres : le Web sémantique, le Web 3D et le Real World Web. Le Web sémantique, aussi appelé le Web des données, permettra une communication quasi exemplaire entre machines en transformant le Web en une gigantesque base de données afin de libérer l’humain de certaines tâches qui peuvent être automatisées. Le Web 3D offrira une nouvelle dimension au Web, dont les représentations sont actuellement plates, soit en 2D. Finalement, le Real World Web est à propos d’applications à petite échelle qui intégreront le Web tout autour de nous.

Les bases du Web 2.0 s’intégreront ainsi aux avancées du Web 3.0 et, en ce sens, deux changements majeurs sont à prévoir. D’abord, la compatibilité et la communication des produits du Web 2.0 (Application Programming Interface (API) et autres programmes et services) seront grandement améliorées. Il est connu que les API sont très utilisées au sein du Web social, permettant un rayonnement plus important de services comme Facebook, tel qu’introduit au module 5. Ainsi, le Web sémantique permettra une fine relation et des échanges entre les applications déjà en place, et ce, sans l’intervention humaine. Les bibliothécaires accorderont un minimum de temps aux tâches liées au Web 2.0 tout en obtenant un maximum d’effet en associant et en accordant tous les services Web 2.0 de leurs bibliothèques. Il sera possible de partager une quantité considérable d’information, qu’elle soit textuelle ou multimédia, à travers une brochette bien définie de plateformes et de réseaux. Une efficacité accrue pour une meilleure promotion et une visibilité augmentée des bibliothèques.

La portion Real World Web du Web 3.0, définie par Stuart, apportera également son lot de changements. Des applications pourront être développées pour améliorer l’expérience en bibliothèque et faciliter la recherche d’information des membres des communautés universitaires, que ce soit de façon virtuelle ou de façon physique. Le phénomène est déjà amorcé avec les codes QR que nous voyons de plus en plus, que ce soit sur des sites Internet ou des affiches publicitaires. La Bibliothèque de l’Université Ryerson explique bien leur fonctionnement. En bibliothèque, le scan d’un code QR peut mener les usagers à des pages d’information sur différents services ou activités, à des notices abrégées de documents afin de faciliter leur repérage en rayons, etc. : une intégration d’une application technologique au monde réel qui a un impact immédiat.

En terminant cette échelle de temps, je mentionne la possibilité d’avoir accès, grâce au Web 3D, à des navigateurs en trois dimensions qui ouvriront la voie, qui sait, à des catalogues de bibliothèques en 3D pour un dynamisme, une interaction et une participation inégalés des usagers.

Horizon : vingt ans

Les bibliothèques universitaires des années 2030, à quoi devons-nous nous attendre? D’ici une génération, bien des éléments peuvent changer. Une chose est certaine, les bibliothèques universitaires seront gorgées de natifs numériques qui auront eu accès, dès leur plus jeune âge, à des technologies à la fine pointe. Leur identité en ligne sera extrêmement bien définie et bien construite, jusqu’à un point où ils se définiront peut-être d’abord par cette identité. Les plateformes sociales auront été transformées, suivant l’évolution du Web. Une prévision est que le Web intelligent, soit le Web 4.0, aura laissé sa place au Web 5.0, le Web symbiotique, selon lequel la machine et le cerveau humain seront en communication. Une conférence donnée par Joël de Rosnay introduit ce concept de Web 5.0. Cependant, les échelles de temps sont difficiles à confirmer et les définitions du Web 4.0 et du Web 5.0 se confondent parfois. Une durée de vingt ans semble peu pour un tel changement vers le Web symbiotique. L’impression qui se dégage des discussions est que la tendance sera encore au Web 4.0, un Web qui combine un haut niveau de connectivité à la fois informationnelle et sociale. Un Web 2.0 de deuxième génération, si vous permettez, alors que le Web 3.0 était plutôt axé vers la seule connectivité. Je vous invite à regarder la présentation de Judy O’Connell qui partage une diapositive des plus intéressantes (diapositive 37).

Une priorité du Web 2.0 des années 2030, soit le Web 4.0 selon mes prédictions, sera l’identité des utilisateurs. Il s’agira à la fois du meilleur et du pire allié du Web 4.0. Daniel Burrus en parle dans une courte vidéo que je vous suggère. Il prédit l’apparition d’un agent électronique ultra-intelligent qui sera attitré à chaque personne et qui l’assistera dans ses activités quotidiennes. Il sera configuré selon les désirs de son propriétaire et sera présent sur tous ses appareils. En bibliothèque universitaire, il serait possible d’imaginer un système intégré au site Web et au catalogue, probablement transformés en plateforme sociale 3D, qui permet la communication avec l’agent de chaque membre de la communauté. Évidemment, cette compatibilité offrirait des options de collaboration jamais vues, car une communication entre membres et entre agents deviendrait possible. De plus, existerait une connectivité entre plateformes sociales adaptées à différents contextes. Ainsi, la plateforme de la bibliothèque permettrait le contact avec la plateforme du gouvernement, d’entreprises, de centres de recherche, d’autres bibliothèques, etc. Un niveau de partage d’information exceptionnel serait à portée de main, à condition, bien sûr, que les bibliothèques universitaires aient bénéficié des ressources nécessaires afin de suivre l’évolution du Web. En fait, leur pérennité peut sembler associée à leur capacité de demeurer en phase avec le Web.

Le danger de ce monde virtuel à grande échelle est l’intégrité des données. La sécurité et la vie privée seront parmi les enjeux principaux. En effet, la diffusion de profils personnels et professionnels sur la plateforme de la bibliothèque, elle-même en communication avec plusieurs plateformes, offrirait, tel que mentionné dans ce billet, plus que jamais un terrain de jeux de choix pour des personnes mal intentionnées. Il serait important de se prémunir d’outils afin de freiner les possibilités de piratage informatique. De plus, comme le soulève Christiane Waterschoot, il est pertinent de se demander si les utilisateurs eux-mêmes auraient toujours le contrôle de leurs informations dans ce contexte d’interconnexion et d’ouverture des données. Il serait étonnant que les bibliothèques universitaires encouragent une telle pratique de contrôle, d’autant plus que leur rôle de sensibilisation au droit d’auteur et à la propriété des informations est bien connu. Le Web 2.0 actuel joue dans les lignes de la sensibilité de l’information en permettant aux utilisateurs de gérer certains paramètres, comme les données personnelles (le module 6 offre d’ailleurs une vision détaillée de l’étendue d’un profil en ligne), et il est à espérer que le futur Web n’oubliera pas cette philosophie. Les membres de la communauté universitaire doivent être en mesure de gérer le contenu dont ils sont responsables de façon à se protéger, à collaborer de façon optimale et à recevoir les meilleurs services possibles, correspondant à leur profil, en bibliothèque.

Conclusion

Le Web 2.0 a ouvert la voie à des potentialités, pour reprendre les mots de Rosnay, à la fois prometteuses et terrifiantes. Il a établi les bases du Web des prochaines années où les utilisateurs feront partie intégrante du Web, jusqu’à ce que le Web fasse partie intégrante du réel. En bibliothèque universitaire, où prévaut une culture d’ébullition scientifique, les changements seront particulièrement perçus dans quelques années, mais prendront rapidement le rythme des tendances et des utilisateurs pour proposer un monde virtuel d’hypercommunication, de partage d’information et collaboration entre usagers, étudiants et professeurs.

De manière générale, les objectifs et les préoccupations seront similaires, c’est-à-dire que l’utilisateur sera au centre des opérations. Ce changement amené par le Web social est bien fixé dans les mentalités et n’est pas prêt de disparaître. Au contraire, un retour en arrière est impossible. Rendez-vous dans vingt ans pour faire le point sur ces prédictions…


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National Geographic 2.0

Presse-Citron annonçait la semaine dernière le lancement du compte Tumblr de National Geographic qui s’est donné le mandat de partager des images pour souligner ses 125 années d’existence. Fouillant dans ses archives, l’institution offre au public des clichés qui ont rarement été appréciés, voire jamais.

Quelle belle initiative que celle-ci. Encore dans ses débuts, il est promis que le blogue, nommé Found, s’enrichira au fil des semaines. Je vous invite à faire comme moi en allant le consulter de façon régulière ou bien en intégrant le fil RSS de Found à votre agrégateur personnel. Nous serons témoins ensemble de l’évolution du site et découvrirons des splendeurs ignorées de la planète dont nous faisons tous partie.

Allier des photographies historiques et l’outil moderne qu’est le blogue est un moyen efficace de mettre en valeur notre héritage du passé en rejoignant un public de tout âge et de toute nationalité. National Geographic suit ainsi la voie tracée par plusieurs autres organisations au fil des années, comme The British Museum (cliquez ici pour consulter son blogue) et les Bibliothèques de l’Institution Smithsonian (cliquez ici pour consulter leur blogue).

Si le contenu de Found n’étanche pas votre soif de curiosité, rendez-vous sur la section du site Web de National Geographic consacrée aux 125 dernières années. Vous y ferez assurément d’autres belles découvertes.


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Les Fab Labs et leurs outils numériques

Les Fab Labs gagnent en popularité au Québec et Fab Labs Québec est là pour assister leur expansion à travers la province. Mouvement collectif pour l’accès à des outils de fabrication numérique, à des formations, à des animations et à de l’assistance technologique, les Fab Labs s’inscrivent dans une culture populaire participative similaire à celle du Web 2.0. Un article de Martin Lessard présente bien le phénomène. Je vous en recommande la lecture.

Plusieurs Fab Labs sont munis d’imprimantes 3D, entres autres pour faciliter la construction de prototypes. La technologie dans le domaine est impressionnante. À ce propos, j’ouvre une parenthèse sur une prothèse auriculaire conçue par des chercheurs de l’Université Cornell et créée par une imprimante 3D. Les potentialités sont très prometteuses et définitivement à suivre pour les intéressés du domaine médical.

Surveillez également les Expresso Book Machines, ces outils permettant l’impression d’un livre à couverture souple en quelques minutes seulement. Outre les Fab Labs, certaines librairies en ont fait l’acquisition, comme McNally Robinson Booksellers.

Vous serez étonnés par les possibilités qu’amènent les Fab Labs. Qui sait, vous serez peut-être les prochains à en démarrer un. Sinon, restez attentifs à la mise sur pied d’un Fab Lab près de chez vous!


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La théorie cognitive de l’expertise

La théorie cognitive de l’expertise (section 7,3 des notes du cours Le Web social) met en relief le rôle que joue l’expérience dans la « naissance » des experts. On considère que dix ans ou dix milles heures consacrés à l’apprentissage d’une spécialité sont nécessaires pour former un expert. Afin de concrétiser cette règle, prenons, par exemple, le tennis, un des sports de raquette les plus populaires.

Ce qui distinguera un futur expert est le temps consacré à la maîtrise du sport. Il commencera d’abord par un apprentissage théorique avant de mettre en pratique ses acquis sur le terrain. Il tâchera de maîtriser les techniques et s’auto-évaluera au fur et à mesure afin de corriger ce qui doit l’être. Il passera éventuellement aux interactions avec les autres joueurs, qu’ils soient des adversaires ou des coéquipiers. Il pourra analyser leurs techniques, comprendre leurs mouvements et leurs pensées pour mieux les anticiper. Tout au long de ce processus, qui n’est d’ailleurs pas nécessairement linéaire, le joueur s’entraîne plusieurs heures par semaine, est accompagné d’un entraîneur qui encourage sa rigueur et qui lui fournit conseils et commentaires. Le tennis devient son occupation principale et il prend part à des compétitions officielles. Assurément, le joueur se qualifiera comme expert après des années de labeur.

Un joueur amateur peut commencer l’apprentissage du sport de raquette par curiosité ou bien par désir de bouger. Ici, il n’est guère différent d’un futur expert. Il s’agit plutôt de l’intensité de la suite qui fait la différence. Souvent, il apprendra le sport par lui-même dans ses temps libres avec des amis. Il jouera de façon régulière, mais moins que plusieurs heures par semaine. S’il participe à des compétitions, celles-ci seront amicales ou informelles.  Au fil des années, l’amateur s’améliorera et pourra, ou non, éprouver le désir d’approfondir certaines techniques ou de jouer avec des collègues plus expérimentés. Peut-il devenir expert? S’il le souhaite, absolument, car l’amateur et l’expert s’inscrivent dans une continuité. Cependant, au départ, sa pratique du sport était effectuée pour lui-même, pour ses compétences et habiletés personnelles, en guise de loisir.


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L’éthique des hackers, un paradoxe?

Avant d’entreprendre la lecture du module 7 des notes du cours Le Web social, un hacker était à mes yeux un malfaisant cherchant à s’immiscer dans les comptes et systèmes informatiques. Je comprends que ma vision était celle de la majorité pour qui le terme hacker est péjoratif. Dans un cas pareil, il faudrait plutôt utiliser le terme cracker. Ainsi, qui sont donc les hackers?

Il est possible d’en avoir une meilleure idée grâce à leur éthique, un code qu’ils partagent depuis près de 30 ans. En bref, cette culture des hackers fait la promotion de l’accès illimité à la technologie et à l’information, des habiletés de chacun, de la décentralisation et d’un monde meilleur. Semblant d’abord obéir à la règle du « chacun pour soi », l’éthique des hackers inclut par extension une notion de partage d’information au sein de cette communauté. Dans cette optique, nous ne sommes absolument pas en présence d’un paradoxe.

L’expression qui me vient en tête lorsque je songe à ce code d’éthique est « sans limites ». Il s’agit de se voir offrir tous les moyens et les connaissances nécessaires pour alimenter un travail intellectuel qui mène à la compréhension et à la manipulation d’outils, de machines, de phénomènes, etc. Tel n’est pas la réalité de la culture dominante où les aspirations de tous et chacun sont souvent freinées par les différentes situations économiques connues à l’échelle internationale. Il faut également penser à la culture compétitive de beaucoup de milieux et les lois qui régissent l’accès à l’information.

La culture dominante devrait-elle donc s’inspirer de celle des hackers? En fait, c’est déjà le cas, par exemple, avec la vague déferlante de l’open access. Si de tels changements mènent à des solutions viables, pourquoi pas?


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Le rôle des administrateurs dans le vol d’identité

Je lisais la semaine dernière un billet de Joanne Marcotte sur son blogue à propos d’une fâcheuse histoire qui s’est produite récemment, à l’automne dernier. Un malicieux a usurpé son identité et s’en est servi pour écrire des commentaires sur certains blogues de cyberpresse.ca. À plusieurs reprises, elle a fait la demande aux administrateurs du site Web d’actualités pour le retrait du compte fautif, et ce, sans succès, ce qui explique l’écriture de son billet.

Évidemment, les utilisateurs doivent soigner leur identité virtuelle et en prendre le contrôle, mais étant donné l’ampleur du Web, il devient difficile d’assurer une présence constante et régulière à tous les endroits. C’est la raison pour laquelle des mécanismes alternatifs doivent être mis en place, comme l’assistance des fournisseurs.

Je suis d’accord avec la blogueuse, les administrateurs auraient dû neutraliser le compte rapidement, surtout en considérant le fait que l’usurpation d’identité et les identités multiples sont proscrites par le site. Le vol d’identité se produit définitivement trop fréquemment et un fournisseur devrait se montrer proactif et rigoureux afin de contribuer à la diminution du nombre de cas.


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Suivre un événement d’actualité grâce à Twitter

Il s’agit d’un phénomène fascinant et les exemples sont nombreux. Twitter est devenu un outil par excellence pour suivre la vague causée par un événement particulier à travers le monde en temps réel. L’inspiration de ce texte vient du blogue de Vincent Abry qui a publié un billet portant sur les Oscars 2013 sur Twitter. Par exemple, selon les différentes performances de la soirée, il était possible d’observer la variation du nombre de tweets (gazouillis) par minute (TPM).

Au début de 2013, des chercheurs ont annoncé la création d’un système de veille de l’épidémie de grippe selon les tweets publiés relatifs aux symptômes de l’infection, ajoutant à la liste de ceux qui bénéficient de Twitter les membres des organisations de prévention sanitaire.

L’évolution des catastrophes naturelles est également bien représentée sur le site de micro-blogage. Je pense, entre autres, au tremblement de terre ayant secoué la région de Longueuil à l’automne 2012 et au tremblement de terre, suivi d’un tsunami, ayant frappé le Japon en 2011.

Pourquoi Twitter? La réponse paraît évidente : bref, simple, facile, clair, rapide, efficace. Les utilisateurs détaillent leur journée sur le site ou s’y connectent pour partager une nouvelle d’importance, faisant de Twitter un véritable instrument sociologique, d’autant plus qu’il fournit une quantité astronomique d’informations en temps réel, devançant bien souvent les rapports officiels de divers corps dirigeants qui doivent passer par leurs rouages internes et leurs responsables des communications.

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